× Propos libres en respectant les autres, comme sur tout le forum (pas de violence, diffamation, discriminations,...)

Débats

  • Harris
  • Portrait de Harris Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Vétéran
  • Vétéran
  • Président de la Société Végane Réunion
Plus d'informations
il y a 2 ans 2 semaines #274 par Harris
Harris a répondu au sujet : Débats
J'ai relevé aujourd'hui une réponse intéressante du Président de la Société Végane Française sur un groupe facebook dédié à l'information sur la vitamine b12 :

Constantin Édouard Imbs « n'avez-vous pas l'impression de vous couper justement de la nature, et même de votre propre corps en vous en remettant à une diététique très technique à base de chiffres et d'analyses ? » (Jessica Pacholder)

Commençons par rappeler le danger que présente le rejet de ce qu'une personne imagine être « contre-nature » parce que cela sert de prétexte aux pires pratiques telles que l'esclavagisme, le racisme, l'antisémitisme, l'homophobie, les groupes anti-avortement, etc. Cela étant dit, passons à « l'idée de nature. »

D'un point de vue global, l'observation des phénomènes naturels permet de remarquer que l'énergie tend à se répandre à l'infini (entropie), à tel point qu'il est possible de prévoir la fin même de la matière. La vie n'est d'ailleurs qu'une forme de résistance face à cette dispersion générale, car elle se caractérise par une préservation temporaire de sa propre dispersion.

L'observation objective des phénomènes naturels ne permet pas de démontrer l'existence de la moindre « Nature bienveillante à l'égard de la vie », bien au contraire : les extinctions de masse se sont succédées sur Terre, qu'il s'agisse des dinosaures, ou de la faune de Burgess, etc. À bien regarder les oisons tombés du nid, les bébés tortues mangées par les oiseaux, ou les lionceaux tués par le nouveau mâle dominant, la loi naturelle : c'est marche ou crève. Cela s'appelle la sélection naturelle.

Par définition, chaque organisme vivant est capable d’opposer une résistance à sa propre destruction, voire d’effectuer des réparations. Cela s’appelle l’homéostasie. Chaque organisme compte pour lui-même, si ce n’est pour sa propre espèce, qu’il soit conscient ou non. La nature de notre vie est de résister à ce qui menace directement ou indirectement notre propre vie (et celle de notre espèce). Notre nature n'est pas de subir mais de résister, autant que faire se peut.

Avoir recours à des produits d'origine animale pour notre survie était nécessaire jusqu'à la découverte de la B12. Notre condition initiale, celle qui nous permettait de survivre à l'état sauvage, était de ramasser des animaux malhabiles ne pouvant pas fuir, tels que les vers, les larves, nombre d'insectes, les limaces et escargots, moules, huîtres, etc., jusqu'au développement de techniques de chasse d'animaux plus difficiles à consommer.

L’agriculture a commencé à se développer il y a environ une dizaine de milliers d’années, et avec elle sont apparus les élevages. La domestication d’une espèce animale commence généralement par la capture d’une progéniture, qui est ensuite sélectionnée et reproduite avec sa propre descendance, afin de fixer des caractéristiques utiles à l’élevage.

Contrairement à la sélection naturelle, le maintien artificiel des races réduit la biodiversité et la richesse des génomes, ce qui a pour conséquence de réduire la résistance des animaux aux maladies, ainsi que leurs aptitudes d’adaptation aux environnements naturels.
Les sécrétions mammaires des herbivores contiennent de petites quantités de vitamine B12. Cette lactation n’est toutefois maintenue qu’à condition d’organiser des naissances régulières, qui, si les veaux, chevreaux et agneaux n’étaient jamais consommés, feraient augmenter les cheptels de manière exponentielle. L’Inde, berceau du lacto-végétarisme, est le premier pays exportateur mondial de boeuf.

Le lacto-végétarisme n’est donc pas l’alimentation compassionnelle idéale, d’autant que, à de très rares exceptions près, les femelles lactantes achèvent leur parcours prématurément, pour finir dans les assiettes (dès que leur productivité baisse).

La captation des sécrétions mammaires d'une autre espèce n'a strictement rien de « naturel », pas vis à vis de l'état sauvage de notre espèce. Le végétarisme est une pratique culturelle. Sa technicité est extrêmement complexe. L'ensemble des opérations d'élevage nécessitent une technicité très complexe, dont la somme est considérablement plus complexe que celle qui consiste à ne produire que de la vitamine B12. J'espère que ces éléments apportent un début de réponse qui te permet de réviser la position selon laquelle il serait moins naturel d'être végane que de poursuivre une consommation de produits d'origine animale, pas à moins de ne consommer que ce qui est collecté dans les espaces sauvages (qui n'existent d'ailleurs plus en France, puisque nous n'avons pas la moindre parcelle de forêt primaire).

L’ovo-végétarisme, quant à lui, n’est pas une option techniquement viable, car la vitamine B12 contenue dans les ovules d’oiseaux peut n’être biodisponible qu’à 9 %. Il faudrait consommer entre 20 et 30 oeufs par jour pour garantir les apports quotidiens nécessaires. Par ailleurs, les lignées d’oiseaux utilisées sont victimes de la même reproduction dirigée que les autres espèces domestiquées. Les femelles achèvent leur parcours prématurément, sous forme de chairs déclassées, tandis que les mâles des races à oeufs sont détruits dès leurs premiers jours d’existence.

Il n'est pas « contre nature » de choisir d'utiliser des remèdes, ou de construire un système de lois permettant à l'intérêt individuel de profiter à l'intérêt collectif. Ces dispositifs vont directement à l'encontre de notre état sauvage, mais pas à l'encontre de la nature même de la vie, de notre vie.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Harris
  • Portrait de Harris Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Vétéran
  • Vétéran
  • Président de la Société Végane Réunion
Plus d'informations
il y a 1 an 7 mois - il y a 1 an 7 mois #309 par Harris
Harris a répondu au sujet : Débats
Dernière édition: il y a 1 an 7 mois par Harris.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
il y a 1 an 7 mois - il y a 1 an 7 mois #311 par LOD
LOD a répondu au sujet : Débats
Je ne pige pas vraiment ce commentaire

L'antispécisme ce n'est pas rendre les autres animaux égaux à l'humain, mais le spécisme c'est ne pas considérer un intérêt supérieur d'une autre espèce face à un intérêt inférieur de l'humain


Sinon l'article est intéressant, mais un peu long, j'y reviendrai peut-être...
Personnellement, dès qu'il y a vie je m'efforce de la percevoir ; dès qu'il y a neurones et nocicepteurs je respecte au possible : éviter d'être confronté à-nouveau à un conflit déjà survenu en trouvant l'alternative ; par-exemple pour le moustique, utiliser des moustiquaires et tuer - si j'y arrive - uniquement celle qui m'a piqué ;)

Des volontaires pour une colocation entrepreneuriale sur le thème gîte vegan ?

cuisine.lodweb.com ~ vegan.lodweb.com ~ linux.lodweb.com ~ contact.lodweb.com
Dernière édition: il y a 1 an 7 mois par LOD.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Harris
  • Portrait de Harris Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Vétéran
  • Vétéran
  • Président de la Société Végane Réunion
Plus d'informations
il y a 1 an 7 mois #312 par Harris
Harris a répondu au sujet : Débats
exemple d'un intérêt inférieur d'une espèce : tuer (faire tuer) un animal pour prendre plaisir à manger de la viande sans en avoir besoin
exemple d'un intérêt supérieur concurrent dans une autre espèce : rester en vie

C'est plus clair?

Personnellement je ne me base pas sur l'antispécisme comme fondement au véganisme, la société végane francophone non plus.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Harris
  • Portrait de Harris Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Vétéran
  • Vétéran
  • Président de la Société Végane Réunion
Plus d'informations
il y a 1 an 6 mois #316 par Harris
Harris a répondu au sujet : Débats
je partage ici, une réponse que je viens de publier sur facebook :

vous avez eu réponse ci-dessus à la plupart de vos questions et je les rappelle et les complète, à la hauteur des mes connaissances, dans l'ordre de vos questions :
1) véganisme et chaîne alimentaire : le véganisme est le principe de vivre sans exploiter les animaux. C'est un principe émis par et destiné à notre espèce animale, l'humain. Il n'est pas question d'intervenir ou d'ingérence dans la vie des autres animaux, notamment il n'est pas question d'interdire aux animaux carnivores d'être des prédateurs, sans quoi ceux là mourraient. Si vous voulez pousser plus loin la notion de véganisme, cela rejoint l'humanisme, car, comme précisé, l'humain lui-même est un animal et le véganisme implique donc aussi de vivre sans exploiter les autres individus de notre propre espèce (pas d'esclavage, pas d'injustice dans la répartition des ressources ...)
2) véganisme et régulation de notre environnement : d'aucuns disent que nous sommes dans une ère anthropocène, c'est à dire que l'humain façonne de manière principale les conditions sur la terre, aussi bien sur le vivant que le non vivant. La consommation d'animaux des humains ne se fait pas dans le cadre de la chaîne alimentaire mais par l'élevage, qui est en dehors de la chaîne alimentaire de base (chasse et charogne). Cette pratique, grâce aux capacités techniques formidables de l'humain, fait que l'humain est capable de faire artificiellement reproduire et tuer des milliards d'animaux (à l'heure actuelle, c'est de l'ordre de 70 milliards) par an. Ces élevages pratiquent la sélection pratiquement sur toutes les espèces animales exploitées (chez l'humain cela s'appelle l'eugénisme), la fécondation forcée chez la plupart (chez l'humain cela s'appelle le viol), la concentration pour des raisons économiques.
3) véganisme et omnivore : l'humain est omnivore, ni herbivore, ni carnivore, et cela ne vient pas en conflit du véganisme. le fait que l'humain est omnivore désigne sa capacité de s'alimenter à travers tous les règnes du vivant (règne animal, règne végétal, "règne fongique", "règne des bactéries"). Etre omnivore ne signifie pas qu'il doit mais qu'il peut manger de tout, donc il a la capacité superbe d'adapter son alimentation à son environnement. Outre la surconsommation, la surproduction, depuis 1948, l'humain a la possibilité de s'émanciper de l'exploitation animale. A partir du moment où nous considérons que nous sommes des êtres doués de sens moral et d'éthique, cette possibilité est évidemment une raison éthique de se libérer de ce fardeau d'avoir à rendre esclave ou tuer d'autres espèces à la différence du passé. Il y a des conséquences favorables écologiques du véganisme : chaque fois qu'on monte d'un cran dans la chaîne alimentaire, nous perdons 90% des ressources consommées sur chaque niveau inférieur de la chaîne. Etre végane, donc aller près de la base de la chaîne avec les végétaux et les bactéries nous permet d'augmenter fortement notre capacité à nourrir plus d'humains avec moins de ressources même sans surproduction et sans surconsommation, donc en lien avec les populations en situation de malnutrition (sous-nutrition), avec largement moins de déforestation, immensément moins de déséquilibrage et mise en danger de l'écosystème marin, avec énormément moins de consommation des ressources que sont la terre et l'eau. J'ajoute que ne pas manger d'animaux c'est aussi détruire moins de végétaux qui servent à nourrir (règle des 90% de perte) ou faire de la place à ces animaux (exemple : rôle principal des élevages dans la déforestation en amazonie).
Enfin, pour la petite précision, ne pas exploiter les animaux ne signifie pas qu'on ne peut pas se défendre contre d'autres espèces animales qui représenteraient un danger pour notre espèce animale. Ce serait moins vis-à-vis de grands animaux prédateurs car il est rare qu'un humain se retrouve seul démuni de tout outil face à eux (villes, villages, armes, divers outils ... qui font que les prédateurs potentiels de l'humain le craignent et qui nous rend l'espèce animale dominatrice sur terre) mais plutôt d'animaux vecteurs de maladies. Le véganisme ce n'est pas de la sensiblerie, c'est d'abord du respect de la vie, ce n'est pas de la croyance non plus, c'est aussi un choix rationnel.
J'espère que, à la lumière de nos réponses, vous, Transmission D'expériences , transmettrez avec bienveillance l'expérience végane.


Bonne journée

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
il y a 1 an 6 mois #585 par Vegmaster
Vegmaster a répondu au sujet : Débats
Vos échanges, débats sur les questions liées au véganisme.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Temps de génération de la page : 0.122 secondes
Propulsé par Kunena